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Le grand Pierre est parti, quelque-part au-delà des notes et des soupirs, retrouver ses grands maîtres. Ceux de l'invention et de la Modernité. Ceux de la Liberté. Il est vrai que je le croyais un peu immortel notre infatigable pourfendeur des médiocrités ordinaires. Il a bercé mes jeunes années culturelles, lorsque je me suis dis que mon métier serait culturel. Et donc, artistique. Ce n'est pas que je renie mes années d'études. J'aime la technologie. Et d'ailleurs, la musique de notre temps ne peut être que technologique. Non. Mais limiter ma vie à la seule alchimie des équations et des engrenages me semblait trop limité. La technologie est un outil. C'est déjà énorme. Pensons à la Vie. C'est à dire aux médecins, aux chercheurs. Et tous les autres. Mais il existe autre-chose dans la quète éperdue de l'humain pour assumer son identité d'Homme. L'art en est. Pierre Boulez y oeuvrait. 

Pierre. Mon second prénom. Le premier Apôtre. Moi qui ne peut imaginer dieu que dans le génie créateur de l'Homme, et la simple Vérité de la vie naturelle. Et certainement pas dans la modélisation culturelle de toutes religions.

Pierre Boulez ...

Une vie pour la Musique. Ai-je envie de dire. Il y a eu des films superbes, sur différentes châines de télévision. Naturellement ne cherchez pas dans le tout début de la liste des chiffres. Il faut aimer l'aventure. Et l'aventure ne s'accommode pas des soupirs de la nostalgie. Le grand Pierre était ainsi. Il restait alors le signe héritier d'Anton Webern, le plus implacable je crois, pourfendeur des nostalgies. Webern est mort en 1944, peu avant la fin de l'ultime Guerre. Je dis ultime car aujourd'hui nous ne vivons pas ce que mes parents ont éprouvé. Mon père en Allemagne, ma mère tout près de Paris. Aujourd'hui nous vivons un temps de lutte qui sera nécessairement borné. L'obscurantisme est dédié à sa fin. A toute Fin. L'Histoire a toujours donné à-venir à la Lumière. Jamais aux ténébres.

La Modernité aujourd'hui. Qu'en est-il ? Je ne sais pas. La mort de Pierre Boulez me semble sonner la fin d'une époque. Celle d'une certaine idée de Liberté. Mes années 60 ... 70 ... et même 80 ! Je me souviens avoir écouté Le Ring de 1976, en direct sur ma chaîne préférée ... pas d'images mais la musique du grand Richard, sublime, somptueuse. Immense ! Ecoutez donc la fin du Ring, et donnez moi en des échos. Musicaux, il va s'en dire ! Et la direction de Pierre Boulez. Autre. Tout simplement, autre. La mise en scène de Chéreau je ne la voyais pas. Mais je la sentais. Je la comprenais en moi. Et quand je l'ai vue, finalement, je la connaissais. Je l'avais en moi. C'est pas compliqué ... non ? Le génie, c'est comme ça !

L'homme n'avance que dans sa culture. La culture, le partage, la liberté. S'il ne comprend pas, l'homme en finira avec son espèce. De pauvres petites gens n'en ont que faire. Seul importe pour eux leur vie précaire, avilie souvent à quelque pouvoir. Tous ces gens n'existent pas. Ils n'ont aucune légitimité. Ils ne sont que de simples usurpateurs. De la Vie. Péché formel s'il en est !  

Bon ! Bye bye Pierre ! And see you later ... 

 

 

 In this February 11, 1986 photograph, conductor Pierre Boulez is shown in rehearsal for U.S. premiere of "Repons." (Marsha Traeger/Los Angeles Times/MCT)

In this February 11, 1986 photograph, conductor Pierre Boulez is shown in rehearsal for U.S. premiere of "Repons." (Marsha Traeger/Los Angeles Times/MCT)

La symphonie "Resurrection" est ma préférée ! Je me souviens d'avoir acheté ce disque, un coffret de deux vinyles, au Carrefour de Créteil ! Alors qu'il n'était qu'un petit magasin de banlieue ! Et Créteil n'avait pas encore cette dimension de ville emblématique du Val de Marne ... D'ailleurs et si je me souviens bien j'y étais allé ... en mobylette !

La symphonie : Direction : Klemperer. J'ai toujours le coffret. Je connaissais la Titan. Celle-ci fut une révélation ! Immense ! Et petite histoire pour l'histoire ... au fil des premières gondoles du futur Empire de la vente hyper ... j'avais croisé mon grand amour de 3ème ... Annick . Et finalement ... je n'avais pas su que lui dire ! C'est sur qu'aujourd'hui les mots me viendraient mieux !!

Quand je me sais trop seul, quand j'ai mal, mais aussi quand je suis bien, quand je suis heureux, quand j'ai l'envie du bonheur, du souffle furtif d'une brise coquine, quand j'ai envie que le chat s'en vienne sans annonce se lover sur moi et immuable écouter ... Bach, Beethoven et Pierre Boulez ... Je me sens tout simplement Peuple des Hommes. C'est bien simple tout ça. Nous avons un territoire. Ma Terre. La Vôtre aussi. Avec tout pour y vivre, en partage. En bonheur. Y a un truc qui n'a pas fonctionné au départ. Mais bon. Il serait possible d'y remédier. 

Tag(s) : #Actualités

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