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57% d'abstention au deuxième tour de cette élection ? Près de 70% dans ma Ville de Melun ? Comme tout cela est navrant. Affligeant. Quels sont ces gens qui n'ont pas voulu, ou bien compris, l'acte démocratique ? Cette analyse appartient aux spécialistes des Sciences Politiques. Je ne suis pas un de ceux-là. Mais ce que je peux ressentir, au soir de cette élection, c'est une grande tristesse. Bien sur, les analyses expertes de nos spécialistes en sciences politiques nous diront bien des choses ... il faut nécessairement exister. Mais le fait est là.

La France a déserté la démocratie. Peut-être que les français sont trop heureux ? Pas tous, il va s'en dire ! Mais allez dire aux Coréens du Nord que 57% de français ne vont pas voter ! Allez dire à nos grands amis russes, que nous aimons culturellement depuis si longtemps, allez dire à tous ces peuples que les français préfèrent l'abstention ... Tout cela est bien triste. Mon pays est un pays de culture et d'imagination. Un pays d'artistes et de poètes. C'est aussi un pays d'envie, un pays de progrès. Un pays d'avenir.

Ce weekend, le Chancelier allemand Kohl est mort. Il a été l'artisan laborieux et obstiné de la réunification de ce grand pays. Cette culture puissante et qui a toujours été, finalement, et logiquement très proche de la France. Ce grand européen avait une vision. Celle d'un Continent, l'Europe. Entre les USA et la Russie, l'Europe est une entité exceptionnelle. Un Continent culturel, économique et politique essentiel à la Modernité du Monde. Il partageait cette vision avec le Président Mitterand, et ceux encore et qui ferraillent contre cette Europe, ne sont que de vieux combattants de vieilles batailles, déjà depuis longtemps gravées dans les manuels d'Histoire. Le Progrès est le signe de l'Humanité. Qui n'avance pas recule ... disait-on.

Aujourd'hui, c'est la fête des pères. Comment ne pas avoir une pensée pour le mien. Il avait passé plus de 4 ans dans les camps du Reich. Quelque-part dans le Bad-Wurtemberg. Le 11 novembre 1989 j'étais devant ma télé, quelque-part en Val de Marne, du côté d'Alfortville, et je regardais tomber le Mur. J'étais si heureux ! J'en avais tant rêvé ! Depuis ma plus tendre enfance. Ce grand pays, vaincu, et qui portait cette horreur de l'extermination raciale, et qui la porte toujours aujourd'hui en Mémoire ( que feraient les français ? ) allait retrouver son identité. Celle de Bach, de Beethoven, de Goethe ... de Heine, et de Novalis ... et de tant d'autres. Tous ainsi ont accompagné mon identité culturelle, mon choix d'être. 

J'ai un CD la symphonie en Ré mineur ( La 9ème, pour ceux qui ne connaissent pas l'harmonie) et dans ce coffret simple, un petit morceau du Mur. C'est très émouvant. Fort et tout autant joyeux. Enfin en finir avec ce Monde ancien ...  

"À la fin tu es las de ce monde ancien" ...

écrivait le poète ...

Dans la chambre de Margaux, à La Celle, il y a sur l'étagère un dictionnaire. C'est un dictionnaire allemand-français, en gothique. C'était celui de mon père. Quand il était prisonnier. Quelque part près de Stuttgart. Près de ce livre un autre, bien écorné : Le code Napoléon. Un ouvrage imprimé au XIXème siècle. Le socle de notre démocratie. Le choc des cultures et l'aventure de l'Histoire. 

Ma France est un grand pays. Mais sa force ne sera toujours, et ne pourra être, que volontairement Culturelle. Il n'existe pas d'autres réponses à la dérive démocratique et hasardeuse de nos sociétés. Les grands politiques de France ont toujours été de grands volontaires culturels. Des bâtisseurs de Culture. Je vous laisse les noms ... 

Et comme ce jour est une fête, celle des pères, les quelques lignes que j'avais portées au poème, quelques semaines après que le mien eut rejoint une certaine idée de l'éternité ... 

------ La citation fait référence à un Choral - Luthérien - de J.S Bach. Ma Meilleure lecture de cette partition est celle de la transcription très romantique de F. Busoni ...

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LES CHANTS DU GRAND SILENCE

                        Bwv 659, “Nun komm der Heiden Heiland”


Exactement
sous le soleil
planté en effigie
du jour
le battement fatigué
du coeur
qui abandonne

La lumière
écrasée du zénith
tend
sur la mémoire
les mots initiaux

Le chemin
va comme les roues
en habitude du tracé infiniment connu
mais la torpeur du temps
inscrit la douleur
du crissement de l’amour
en croisée de l’âme

Les mots défient les silences
contenus
de la colère

II

Ici, dans le clair matin des premières brumes, j’écris le Manque. La lumière voilée. La Musique n’est pas une Consolation, elle est le Chemin vers l’indicible. Retour aux Chants de la Nuit, quand le Doute eut son Terme.
George Friedrich inscrit la Lumière depuis le sombre mi mineur de l’ouverture jusqu’au radieux choeur final de l’éternité retrouvée. Ainsi sommes-nous, ainsi je fus.

III  

Je n’aurai plus jamais mal
Je n’aurai plus jamais faim, plus jamais soif
Je n’aurais plus jamais peur

Je n’aurai plus jamais de douleur, plus jamais de souffrance
Je n’aurai plus jamais de regret
Je n’aurai plus jamais de remord

Je n’aurai plus jamais de mort

Le temps m’est donné
au-delà des nuages je serai Présent, dans l’écho des étoiles
et dans le Bleu, infini
du ciel d’un nouvel été, à-venir

Je serai Celui qui a été et celui que tu seras
Celui qui a donné, et celui qui te reçoit,
Quand ta Pensée cherchera la Mémoire au crépuscule des jours
Je serai Celui qui vient,
aux sombres Heures, du départ
Tendre la main

Je serai celui qui Aime
par-delà l’Oubli, commun des choses terrestres
Je serai celui qui Attend
que le Coeur retrouvé, accueille en éternité
le coeur abandonné
Je serai l’étoile et la matière, le Repos et le sommeil, le travail qui grandit, Celui qui fait
et je serai la vie,
et tu seras la vie,
    et ils seront la Paix.


IV

Ici, dans la Maison sereine, le chat est venu. Et la nuit fut simplement la nuit et le matin fut le Matin. Et, il y eut un soir, il y eut un matin. Et le chat est venu, et il y eut la vie. Jour après le jour et soir après le soir, il y eut un Temps. L’Antérieur tisse les murs de ton histoire, Simple ainsi tu fus. Ainsi sommes-nous, hommes qui passons sur la corde tendue de l’amour. Ainsi parlons-nous, hommes de l’Errance. Ainsi craignons-nous,
        l’inéluctable berceau de l’âme, la houle lente du Ciel.

V

Celui qui aime est Juste.
    Il est un temps donné, quand  les pas s’effilochent, incertains, à l’ombre d’un départ, il est un temps donné, à la  juste Mémoire. Il est, un temps, quand l’esprit encore, va et s’attarde à la vie, il est un temps donné, à la trace furtive de la silhouette qui passe, et s’enfouit doucement.   
Alors il est, en terme du Chemin, le Soleil du Jour, l’aube pleine de l’Heure,
    le défilé sans fin des âmes retrouvées, les mots sans voix, les regards confis d’Eternité, les yeux vidés de la tristesse,
    l’écho du trop humain qui feule encore, à l’esprit déposé.

 

 

 
VI
        Ce jour, de l’An 2003

    Je pense aux autres morts, à ceux qui comme toi, écrivirent l’histoire,
l’histoire de notre temps libéré,
toutes simples vies qui passent
à l’endroit du Temps,
figures perdues de la lumière
qui dorment éperdument
trop à l’envers du ciel,
Je pense aux morts que la mémoire infidèle, parfois
rappelle à nos jours d’avenir,
Je pense aux morts, pétrifiés de l’erreur, rayés, raturés, consumés,
pauvres pyjamas anonymes, et qui vont,
longues et lentes cohortes, dans le silence et la nuit,
frapper sans fin et sans colère
à la porte de Dieu,
alors, Parfois, aussi,
je pense aux marches solennelles, aux défilés muets et austères, aux postures imprégnées,
aux harmonies lentes et mineures, flanquées des mots et des pierres,
    et qui se souviendraient,...
Vous n’aviez pas choisi, l’été 39
et sa lente agonie de votre simple envie d’être,
Vous n’aviez pas choisi, les barbelés tressés sur la nuit bleue d’Allemagne,
les cloisons frêles et posées contre la liberté,
le silence de l’Amour, le lointain d’une Mère,
les mots écrits trop rares, la voix qui s’estompe, et les liens de la douleur.

Vous n’aviez pas choisi,
    et nous, nous souviendrons.

VII

Maintenant que la mémoire
a fermé sans faillir
le livre de la Vie, maintenant que les Heures ne sonnent plus jamais
au Temps qu’il fait,
Maintenant que les étoiles, furtives dans le ciel d’hiver,
m’entretiennent de Toi,
Maintenant que ma jeunesse prend le poids de la mort,
Maintenant, dis-je au Voyageur, voilà que je relève ton bâton d’errant
pour continuer la marche,
    simplement par Amour.

                “ Que la miséricorde, et la paix, et l’amour vous soient accrus.”
                                Lettre de Jude. 2
            “ Et c’est l’esprit qui rend témoignage, parce que l’esprit est la vérité.”
                                Première lettre de Jean. 5.6

 

 

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