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La mémoire s'est accrochée à mon sommeil
dans ma nuit
rien n'était plus
des figures défilaient aux frontières du vide
les voix s'étaient tues
et il planait en bout d'espoir
un brouillard au fond de l'oeil
léchant la gelée blanche
je ne reconnais plus la couleur du Temps qui fuit

mon fruit que la soif a mordu
saigne dans ma bouche desséchée de solitude
vais-je en connaissance de repos m'assoupir
au-delà des servitudes
sur une grêve blanche que le sel écûme?

et puis

soudain,

le cri qu'écorche la solitude
la nuit renfle le coeur
trop fort et la douleur craque
l'espérance
il pleut des cheveux à ressort, et le silence
ondule
amer, aux portes des multitudes
les lignes de fuite
découpent les bras tendus
et la lune grimace,
toute ronde
dans un bain d'éternité
il ne reste plus rien
des fragments de lumière échappés au vitrail
ou bien, alors seulement,
les mains d'un rêve.

Michel BERTHELOT  XXI.3




le vent pèle le coeur
et le plat pays s’enfle de ton rire

la cote est grise
harcelée par la mélancolie du soir

mais
là-bas, plus loin,
L’écume descend vers ton ventre soyeux
et j'ai le soleil en amour
pour toi, mon amour

les cloches tourbillonnent dans le matin clair
comme si la fête était au rendez-vous du jour

en coin de la croisée
tes seins caressent l' aube
et tes soupirs jouent en écho à l' ombre des ponts

je m'enfouis dans ton silence
jusqu'à la joie
et je suis comme heureux de t' attendre

ici,
bousculé par la sourde beauté de cette lumière hors-du-temps
  

                                                                         
MICHEL BERTHELOT - 1997
Tag(s) : #Feuillets de l'après

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