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Le métier d'archéologue, tu connais dis moi, Berthe? Gratter les pierres, fouiller la terre, à la recherche de la vérité. Comprendre la vie antérieure, ta vie, Berthe. Par amour, ou par besoin de connaissance. Ou par désir de puissance, d'orgueil assouvi. Toi, Berthe, tes mots, seulement évoqués, de la pensée l'ont guidé. Tu es là par amour, dis, Berthe. Alors aujourd'hui tes os rayonnent. Comme un soleil, Berthe. Comme un soleil.

"Ce bijou qui ruisselle de la couleur de miel contient le résumé de ta vie humaine, et le trésor des vies futures..."

La nuit s'est faite au musée, Berthe. Rien ne viendra ébranler le silence de ta mort.



Au matin, Berthe, la lumière est là, simplement tranquille. Lorsqu'il était sous tente, l'archéologue, notait tout, sur de petits carnets. Ils sont conservés, bien sur, et les visiteurs peuvent y accéder si toutefois la curiosité les y mène. Il en est de même des photos, images et dessins, plans. Ces mailles de l'itinéraire l'ont amené à toi. C'était sa quète, et ton attente, si longuement traversée.
Quand on a touché à sa vérité, on ne doit plus s'en éloigner. Avant de blanchir, toi Berthe, tu savais qu'il viendrait. Alors tu as pris le temps de l'espérer, le temps de l'attendre longtemps, et puis lentement venu, celui de l'écouter, de le sentir, de le découvrir enfin, tel que dessiné par d'invisibles traits, jetés à même le sable.

N'es tu pas, Berthe,
l' "Innatendue que j'attends"... "toi mon Evidente", mon "évidante".
La recherche de l'autre impose parfois un long et lourd chemin,
lourd comme le sable où l'on enfonce, lourd comme les gigantesques pierres qu'il faut déplacer, mais aussi relever avec rigueur, lourd comme le ciel qui chaque matin, inoxerablement se lève et chauffe à blanc les corps fatigués. La nuit sous la tente ne laisse à l'archéologue que le minimum de sommeil, juste réparateur pour continuer la marche. Mais qu'importe la marche et la douleur quand on sait que l'on va toucher enfin à sa vérité, qu'importe le manque de sommeil quand on sent se rapprocher l'onde sereine de l' innatendue, toi Berthe.

Dis, Berthe, je me souviens d'un court été, dans une petite maison accrochée en flanc de montagne, alors que le doute envahissait mon esprit. La lumière n'était pas celle du désert mais elle illumina mon esprit ,car elle venait justement de toi. Sous les mots d'un autre,  compagnon de ton Temps, l' innatendue s'épanouit, retrouvée.
Je crois depuis que le livre en question fut offert à l'archéologue, qui sans doute en fit usage lors des nuits froides de la quète, après qu'il eut posé ses notes et tout juste avant que ses yeux ne se ferment pour aller, te rejoindre.

 
Tag(s) : #Le blog deBerthe

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