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Nous avons couché les premières lignes. L'histoire en construction. Les voyages. Les trains. Les gares. Comme une vague qui se lance et déferle. Les mots simples. Les phrases courtes.

Déjà la forme. Choisie. Échange. Aller vers la jonction.

Quand les rails défilent à trois cent kilomètres à l'heure, les aiguillages s'enfilent doucement sous les roues. Ils ne claquent plus.

Ils jouissent d'un plaisir d'acier et volatile.

Les traversées-jonction-double se gardent l'entrée en gare. Quand le rythme de l'amour se fait lent. Quand il tarde à se donner aux quais.

Il défile les vieux postes abandonnés. Aux marqueurs de l'ennui. Aux oiseaux de migration. Aux amours sales. Les postes creux de ma mémoire.

Et puis, l'instant de l'arrêt. L'instant qui tangue le temps. 

L'escalier, le béton. Les vestiges, trop modernes de l'antique.

Et puis, toi. Les nouveaux mots. Le nouveau ciel. Quelques bruits de la ville. Des pas. 

Les lignes couchées des mots de la nouvelle. Prendre l'air de la place. Prendre le sens du bruit qu'il fait.

Aller, en retour, frémissant laissant en attente les yeux.

 

Le voyage.

 

Jeudi 1 avril 2010

 

Organiser l'entre-lac. Les mots venus. Les mots reçus. Les mots joués au clavier, à quatre mains. Sentir la phrase se glisser dans l'histoire en construction. A distance. La distance des rails. Nous aimons les rails. Nous aimons les trains et les gares, les pensées qui se perdent au long des couloirs et des paysages.

Les coeurs à l'unisson de ce temps du voyage.

L'écriture est une aventure délicate. Il faut lui préserver la virginité.

 

J'aime ces mots tranquilles. Il ont la force de leur destin.


Mardi 6 avril 2010

 

Les récits peu à peu trouvent leurs mots, et leurs histoires. Nous cherchons encore un protocole de travail qui soit simple et attractif. Techniquement adapté. Ce n'est pas si évident.

Nos écritures se mélangent et vont vers une recherche d'authenticité totale, de la forme et du fond.

Etre(s) en accord.

Nous savons que le temps de l'écriture n'est pas simple et tranquille. Nous avons choisi de parler de la vie, des vies. Des émotions. Comme c'est prétentieux, quelque part.

Détenteurs de vies. Même, imaginées.

Ou si peu.

Mais nous aimons les vies. Les émotions. Nous ne vivons que par elles. C'est ainsi, la poésie.

Les trains ont une dimension poétique intense. Nous aimons les trains. Dans un train on peut sentir le voyage, on peut espérer la gare. Nous aimons les gares.

La gare, c'est à dire, se retrouver.

La gare, c'est aussi se quitter. Mais je préfère "se retrouver". Se quitter, réservons-le aux histoires de vies. Celles que nous écrivons. Que nous écrirons, à vingt doigts.

Et un clavier. 

L'écriture est comme un mirage. Elle pourrait dissiper l'existence et la fondre. Mais elle construit.

Elle construit dans ses mots la pérennité du partage. L'essentiel.

La vie est partage. La vie est un chemin vers la lumière. Celle de ce soir de printemps, encore imberbe, à peine pubère.

Et pourtant.

La lumière se donne à ceux qui croient en elle. Notre écriture. Nous.

 

Dimanche 11 avril 2010 

 

Je suis heureux que tu continues d'inscrire les mots de la nouvelle en cours. Enfin, l'une d'elles . J'attends avec envie que tu m'envoies le texte à jour, afin, peut-être d'y glisser mes mots. 

C'est ainsi que nous voulons notre écriture. Mélangée, pour être unique.

C'est un chemin vers la lumière que nous traçons de nos mots.

Notre foi nous inspire et nous offre à vivre ce partage, de vie et de création.

J'ai envie de train. Le voyage en train me donne à rêver. Des rêves naissent les histoires.

Parfois l'Histoire. Fol ou pas. D'ailleurs je dois poursuivre ce récit à la construction alambiquée, trop sans doute. Mais je l'ai voulue ainsi.

Je suis souvent très long à terminer un travail. On me l'a souvent reproché. J'espère que tu ne seras pas ainsi.

J'aime savoir que tu écris et que je vais bientôt lire tes mots les plus récents.  

J'aime aussi sentir en moi que je vais également t'en offrir des miens. 

 

Ce petit journal d'écriture me semble être comme un reflet de nos âmes qui se cherchent encore au long des gares de passage et des longs rails soudés.

 

 

Jeudi 15 avril 2010 - Samedi 17 avril 2010

 

Tu as terminé la nouvelle. La chute laisse une ambiguité bienvenue. Sans doute glisser dans les tiens quelques de mes mots. A venir.

J'ai aimé l'écriture, le climat. Et puis une certaine subtilité de la forme. Pour  glisser des premières lignes, assez anodynes, à l'installation d'une dramaturgie possible.

La première sera comme tu le dis continuée à deux, comme telle fut initiée. Je crois que tu perçois parfaitement l'esprit de cette écriture initiale. Edifiante.

 

 

Je suis en manque de trains. Les trains sont à l'heure du jour. Pourquoi aimons-nous les trains? Sans doute pour quelques différences, et quelques accords aussi.

 

Tu vois, c'est comme une forme de l'écriture, j'aime cette réalité:

Le TGV est alimenté sous plusieurs courants de traction. Au départ de Paris Gare de Lyon il prend la ligne historique, celle de mes années d'enfance. Traction en 1500 continu. Il monte un peu en vitesse, comme les autres trains et traverse Maisons-Alfort à 120 Km/h. A Valenton il bifurque et commence le nouveau tracé. Il se lance sur sa LGV, spécialement édifiée pour lui et dont il est le seul et régulier parcoureur. La LGV est sous 25000 Volts 50 Hz, c'est à dire le courant industriel ordinaire. 

Pour passer du 1500 Continu au 25000 alternatif il faut baisser les pantographes.  Et puis changer de panto et de circuits. D' où l'indication au conducteur, "baisser panto" et son pictogramme dédié. Celui au centre.

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C'est comme la vie. Changement de courant traction. Les rails poursuivent la ligne. Le temps est relatif. Le mouvement est relatif. Tout est affaire de repère. D'espace. Etre ailleurs. Parfois ne pas être.

La tentation forte du rien. Vicieuse un peu. 

Les mots sont les vecteurs du temps éloigné. Les mots d'une nouvelle histoire me viennent. Toujours les gares, les trains. Les jours de la semaine.

Les heures.

Les payasages comme des tableaux. Une étrange exposition de milliers et de milliers de peintures et de sculptures.  Mais ce sont les oeuvres qui se déplacent. Une forme de vertige.

Un temps devenu incertain.

Un certain plaisir. L'arrivée. Le temps finement retrouvé.

 

 

Tag(s) : #Notre écriture

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