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Les heures accrochent l'automne aux jours plus courts. J'aime ces feuilles, qui errent arrachées,  dépecées parfois, trimbalées ici et là, et s'évanouissent en caniveau, si près de l'égout avaleur. J'aime cette lumière qui chavire la ville et lui porte un air de mer.

Le départ.

Quel bonheur que la saison. C'est comme une modernité. L'été nous séchait d'ennui.

La lumière sourde de tes yeux, qui me donnent envie.

Oh oui! Envie.

Envie de marcher, envie de sentir me frôler ton inquiète parure. Envie de dessiner d'un trait de violoncelle, l'impérieuse espérance. Envie d'instruire mon ennui de ta lente présence. 

Envie d'imaginer l'art. Autrement. Sans doute, autrement. Parce que c'est toi.


Ecrire. Envie de crier fort les mots. Pour qu'ils se heurtent aux cloisons du silence. Dans cette nuit de novembre.

Qui me donne ta lumière. Ce lien qui joint les évidences.

Les volutes écrivent en l'air ta mélodie. J'aime ces longues phrases qui te ressemblent tant. 

 

Jeudi onze novembre 2010  

Les échos des fantômes s'installent à mes côtés. La boue. La grisaille infinie. La mitraille. La lente agonie du blessé qui gît.

Aujourd'hui onze novembre deux mille dix.

Vivre. Quelle tentation imbécile! L'homme a le secret de sa barbarie. 

Ne pas vivre avec les fantômes. Laisser mes mots les porter au repos. Je les aime tant. Mes chers fantômes.

Ils habillent parfois mes nuits, et mes aubes aussi. Les Chants de l'aube, ou de ma Nuit.

Leurs vies assassinées. De longs champs de morts. De longs chants de marches. Funèbres. Saluons. Leurs vies eurent été meilleures. Leurs vies imaginées seulement dans le crachat des moribonds, leurs vies perçues juste en ornière d'un monticule, avalées tout aussitôt. 

Leurs vies en monuments. Et puis, qui les regarde? Les passants passent et vaquent. Les affaires.

Petites ou grandes, les affaires sont les affaires. Voilà.

 

Je n'écris que par la mémoire, et l'avenir. Oui, l' à-venir. Je te regarde souplement. J'aime tes lignes écorchées au jour. Elles écrivent une lente musique. Belle et lente.

Les pas de la belle sur les sables de nos rêves.

 

Tag(s) : #Notre écriture

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