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Il en est ainsi:

c'est dans nos mots d'Aravis, que ces mots d'écriture tracent leurs lignes.

 

Vendredi 8 octobre

Tout change et demeure.

Mon impatience est ainsi. Nous savons le temps de l’attente. Le temps de l’urgence, aussi. Nous aimons les longs replis de la pensée, les lenteurs et les langueurs des corps. Nous avons ce besoin sourd en nous de la modernité. Nous savons l’inépuisable envie, l’impertinence établie de l’amour.

Bien qu’en date du 8 je t’écris ces mots qui suivent, en ce dimanche d’hiver, déjà là. C’est bien touchant que passent les saisons. Les années. Et puis s’en vient le crépuscule. D’un jour d’été ou bien d’une journée lente d’automne.

C’est bien ainsi que se fait la vie. Je n’aimais guère les dimanches. Ennuyeux. Fades et sans fin. Toile blanche.

Quand le jardin devient blanc, de longues larmes de silence se couchent au pied des petits arbres défeuillés. Un thé fume sur le bureau et les frêles volutes s’émancipent dans l’espace en contrepoint libre et joyeux. Le bonheur est comme le thé. Il infuse tranquille et se donne. Et coule alors dans la gorge, chaudement, comme une pensée d’amour.

La musique baroque jubile à mon oreille amoureuse, la flûte pétille et le clavecin quitte un peu sa basse trop continue pour pérorer. Quelle joie dans cette musique. Quelle évidence. Et tout à coup, pourtant, une lente et grave improvisation, mais que ne dure la tristesse! Quelques mesures seulement et voilà bien que revient la danse et l’éphémère légèreté du temps.

Comme j’aime ton idée de forme et de construction de notre écriture. Oui, insérer les “nouvelles” . Je suis si heureux que tu ais eu cette inspiration qui nous délivre.

Jean Sébastien à mon coeur laisse son clavier chanter si fort que les murs ne sont plus rien que de subtiles barres, de mesure. C’est une radio américaine que j’écoute en écrivant. Notre technologie est un miracle permanent. Il est triste que bien peu ne le perçoive. Notre technologie nous donne la rencontre, l’échange et le terme des “idoles” .

Nous avons aujourd’hui les outils du bonheur.

Tu le sais si bien. Il faut être digne de notre créativité. De notre Savoir. L’espérance est un don de notre Dieu. Notre musique. Notre “Nocturne”. Viens avec moi sur la sente des simples. 

 

 

700px-Chaine_des_Aravis_versant_ouest.jpg

 

Jeudi 21 octobre

Répondre avant tes mots. Finalement. Pour que les écritures se croisent. Pour que les sons se frôlent. Se touchent aussi parfois. S’enchevêtrent. Se pénètrent. Jouissent et s’enfantent. Se libèrent et s’en aillent quelque part aux frontières.
Frontières. Au-delà qu’est-il?
Les histoires nous laissent leur bonheur d’être terminées.
Libération.
Guérison. Apprendre à guérir disais-tu.
Sentir la chaude empreinte d’un regard bienveillant posé sur le corps qui n’est pas encore nu. Sentir la rencontre qui s’esquisse, douce mélancolie d’une première neige. Tendre l’étreinte. Donner aux bras la langueur sinueuse des hanches. Sentir encore plus fort le regard qui s’enfonce en toi et tend ton ombre aux cimes.
La mélancolie. Elle tourne son manège et tu la sens musique mécanique qui te fait perdre le jour. Celui d’aujourd’hui, celui d’hier ou demain, après-demain, bien plus lointain, bien plus loin, très loin, loin, infiniment loin. Immensément loin.
Tu as les yeux qui versent. Je recueille tes larmes. Je les lèchent et l’humeur salée doucement  du tourment se dilue sur ma langue comme un écho de ton sexe. Acide aussi.
Oui! Échangeons les chevaux du manège! Être l’autre, et puis soi, aussi. Être éperdument. Eperdu(e).
De la nuit ne rien garder mais se donner au  jour innocent. Laisser le coeur s’adoucir aux lentes caresses du matin. Laisser le coeur s’affranchir de l’impatience et de sa dictature amoureuse. Je prends ton coeur dans mon soleil et je le sens si bien qui se chauffe à ses flèches  juvéniles.
Aimer une première fois comme on aime jamais.
Ce n’est pas toi Judith, ou c’est peut-être toi. On ne rencontre jamais son attente. Les trains ont changé. Le temps a changé. La valeur du temps a changé.
La vieille odeur du gas-oil chaud ne fait plus frémir la nostalgie. Les larmes sont sèches.
Je perçois le sifflement qui se grave. Juste un trait de lumière vibrante, fugitif, étincelant tel un signe de fête.”      
 
Elle te rencontre ainsi, bien sur. Quelque part sur l’autoroute. Elle a quelque chose de toi mais pas seulement.
Elle est là comme pour moi.

Je l’enveloppe. Je la protège de l’infatigable morsure de l’ennui et puis,

plus tard,

                       je la sens ici, ondulant la fin du jour de la mélancolie de mon amour.

Oui, se garder le temps. S'offrir le luxe de l'attente. Le plaisir du désir.

Etre heureux de l'autre. Se laisser prendre à son bonheur. Simplement. Savoir. 

 

 

 

Tag(s) : #Notre écriture

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