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Alors Berthe,

 

te voilà revenue en salle. Une salle neuve. Pour toi.

Et puis, tout autour, combien de nouveaux couloirs? Sentes mystérieuses qui sentent l'aventure. Tant de travaux ma Berthe. Tant de bruits et de machines. Tant de furieuses reconstructions.

Tant et temps de silence en toi. Car c'est ainsi. Quand la furie des hommes harcelait ton repos, toi tu gardais ton âme, au secret. Dans les réserves, ainsi parlent les Conservateurs. Noble métier que  donner mémoire à notre futur.

 

Mais voilà bien que ta salle est à nulle autre pareille. Lieu de lumière et de silence. Et toute entière, juste pour toi.

 

Les jours avancent en lumière. La nuit se fait plus lente à venir. Les beaux jours te baignent de rougeoiements tardifs, quand le soir sur la ville couche l'espèce. Mais tu aimes ces heures tardives, comme alors tu aimais à laisser la fraîcheur apaiser la brûlure du sable. Il te vient en mémoire les pierres, torrides et menaçantes, que les heures du soir adoucissaient, tant qu' il t' était bon de t' y languir, en jouissant de cette béatitude des simples.

Le désert te manque. Les nuits glacées te manquent. L'aube déjà vibrante de chaleur te manque.

 

Dans ta vitrine tu te languis de la tente. L'attente. Oui, en toi sourde l'attente. Attendre quoi, attendre qui, tu ne sais. Attendre voilà peut-être le premier pas du bonheur.

 

 

Tag(s) : #Le blog deBerthe

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