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Lettre(s) du musée,
octidi, 18 Véndémiaire an CCXVIII

Ici mon bien aimé, je m'ennuie, ainsi protégée dans ma cage de verre. Tu ne viens pas assez me voir,  et pourtant ta présence seule me suffit alors. Mais ces moments sont rares, je sais que tu as fort à faire pour finaliser tes recherches et les mettre en forme, avant de les offrir entières à la connaissance. Mais je m'angoisse aussi et me dit que, peut-être, la curiosité et le désir de découverte te poussent vers une muse nouvelle, une soeur à moi, qui, quelque part, te voudrait pour que tu fasses la lumière d' Elle.  S'il en était ainsi, quel sens alors donner à ma présence ici? Quelle authenticité à notre correspondance improbable, quelle nécessité à ta persévérance? Et quelle vérité alors, tes écrits pourraient-ils transmettre?
Tu as découvert mon esprit fossile, mais tu m'as ouvert le coeur, et je t'y ai accueilli pour toujours. Cette éternité est à toi, mon défricheur, "elle est retrouvée"... Je sais bien que parfois tu dois t'éloigner, pour compulser d'anciens documents ou visiter quelque site utile à tes rédactions. Ces éloignements, s'ils sont pour moi toujours éprouvants, s'inscrivent  néanmoins volontiers dans mon temps, parfois par trop monacal. Je sais que quelque part, en des lieux  souvent lointains, tu es entièrement avec moi, comme tu le fus depuis que tu pris la décision de me trouver.

Des visiteurs s'annoncent, bien aimé vaisseau. Il ne serait pas honnête de continuer ma correspondance, distraite ainsi par les chuchottements des unes et des autres. Je vais te retrouver un peu plus loin dans les "heures".

nonidi, 19

Les heures du matin ont sonné bien tôt. Le manque de toi m'a fait retrouver l'éveil. Le musée désert, encore baigné de nuit, me laissait toute entière à toi. Combien de fois alors t'ai - je appelé? J'étais tendu à ton signe. L'aube est venue lentement, comme furtive, tardant à installer un jour gris et humide.Le musée ce matin reste fermé aux visites. Seules les gens d'intendance vont et viennent, comme dans un lointain ballet.
J'attends  mon découvreur. Sans lui je ne suis qu'un vulgaire caillou posé là. Mon éternité ne peut s'étirer que dans le creux de son coeur et le berceau de son âme. Je ne suis ici que pour lui, par lui, et par là-même pour tisser cette fraternité nouvelle, issue de nous. Je n'ai pas d'autre  raison que d'être ainsi.

Mais, dis moi Berthe, as tu oui ce chant bien lointain des Fragments qui vient parfois déambuler, au long  des salles et des couloirs du musée, d'archéologie future...


Tag(s) : #Le blog deBerthe

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