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Les travaux se poursuivent, Berthe. Il est probable qu'il continueront plus longtemps. que prévu. Alors, tu ne verras pas de visiteurs et de visiteuses, durant un peu plus de temps que tu ne le pensais. Tu ne verras pas d'enfants. Le musée résonne des machines et des marteaux, mais pas ceux du piano. Mais tu sais aussi qu'à l'étage, quelques mêtres au-dessus de toi, on va mettre en place une exposition temporaire, il y en a ici , parfois. Tu crois savoir, Berthe, qu'il sagit d'un peintre. Un artiste vivant, Berthe, comme l'archéologue. La vie, Berthe, celle que tu as générée avec Lui. L'oeuvre de l' artiste nous emporte au-delà de notre réalité, quelques traits, quelques couleurs, quelques formes ont suffit. L'artiste a tracé tout autant le Temps, le corps et l'Âme, que le Rêve et le Réel. L'art est souvent reflet de nos peurs indicibles et de nos grands émois. Pour l'heure, l'exposition n'est pas encore en place, ni même en montage. Il faut au préalable préparer l'espace qui doit l'accueillir. Chaque exposition réclame un espace d'accueil qui lui soit entièrement  et nouvellement dédiée, si tant est qu'il soit possible. Il faut donc à chaque nouvelle installation reprendre intégralement l'espace libre, et le structurer en modernité afin qu'il serve au mieux l'oeuvre proposée. C'est le métier des culturels, de ceux qui font interface entre l'Artistique et le récepteur, le public. Initié, ou non. Le culturel n'est pas l'Art. Dans ton musée, Berthe, la part laissée à l'Art contemporain - celui qui vit - est mineure. Grande part est donnée à l'Histoire, à ce que l'on nomme le Patrimoine. Et sans doute est-ce pour cette raison que Tu es Là. La différence étant que Tu es là en Avenir, en à-venir disions-nous. De la rencontre improbable nait la différence indispensable, l'Enfant. Tu le sais, Toi, Berthe.
Nous ne manquerons pas, Berthe, de tenir ici journal de cette importante exposition, et aussi de l'avancement des travaux en cours. Et puis bien sur, de l'air du temps, du temps qu'il fait dehors, du Temps qu'il est dedans, des agitations vaines, parfois, souvent serviles, souvent futiles, des tentations et des soupirs, des jeux et des sourires, des nuits d'éveil et des aubes lourdes, des amours et des amants, des chats et des passants. Toujours pressés. Les passants, s'entend.

Un jour, ici dans une exposition, un homme rencontra un chat. Les chats sont des êtres étonnants, inquiétants, séducteurs, parfois caressants. Secrets. L'homme était l'artiste. Le chat était là, chaque jour, déambulant félin entre les socles, les ombres  et les couleurs portées, entre les gens de passage, et les autres. C'était un de ces chats aux moustaches affirmées, au pelage soyeux, au yeux verts. Un chat qu'on dirait de gouttière. Un de ces chats qui aiment profondément le refuge assuré mais qui ont besoin de la rue, sentir l'aventure, renifler la souris qui ne voit rien venir, hûmer la nuit chaude d'été où tout semble possible. En somme un chat tel qu'il est.   Néanmoins, une certaine allure en lui trahissait à qui sait observer, sans doute une vie antérieure, voir une double vie. Nul ne savait d'où venait ce chat, ni où il disparaissait lorsque l'heure de la fermeture était venue. Peu à peu, l'artiste forcément s'attacha. On s'attache nécessairement au Chat. Crois-moi en, Berthe. L'exposition tenait longtemps l'affiche, dans les musées de ce nom, le Conservateur n'organise qu'une, voir deux au pire, exposition(s) temporaire(s), et qui plus est d'art contemporain. Les conservateurs ont pour vocation de conserver. D'ailleurs ils te conservent, Berthe, ils te conservent. Mais toi tu sais bien que le moment venu, tu quittera, peut-être furtivement, la vitrine trop protectrice. Il  sera temps, alors , alors Temps, de retrouver l'Archéologue. En vie non point en Mort. La vie au singulier, la Mort au pluriel. Bien, Berthe. Revenons au Chat. Pour finir promptement, oui, car pourquoi donc au fond attacher d'importance à cette simple anectode, pour finir, et bien un jour le chat ne vint plus. Voilà. Sans doute avait-il senti, au fond, que l'artiste l'aimait bien. Certes, il l'aimait bien. C'est alors aussi que l'on s'aperçut, dans une des vitrines de la salle de l'ancienne Egypte, de la disparition d''une statuette, de la déesse Bastet. Ce fut un grand chagrin pour le Conservateur, car jamais plus on ne la retrouva. Mais Toi, Berthe, tu sais, bien sur! Les chats n'en font qu'à leur tête...  Là est la vie du chat. Sans doute aussi sa mort.







Tag(s) : #Le blog deBerthe

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