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Mais, dis-moi, Berthe, ne crois-tu pas que l'archéologue, lui-même, ne soit pas en mal de vie.? Pourquoi le scientifique serait-il naturellement plus fort que la femme d'Outre-Temps? Pourquoi le scientifique n'aurait-il pas, lui aussi, le mal de coeur, le mal de  l'être? Dans la recherche et l'exaltation de la découverte on oublie parfois l'essentiel, pour aller au plus urgent, au plus demandant. Mais quand est retombée la folie aventureuse, quand s'est apaisée l'excitation, on se retrouve face à son temps. Il faut alors goûter comme il se doit aux bonheurs plus simples, loin maintenant des chevauchées fantastiques. Mais l'homme s'est nourri profondément de l'expérience de l'amour, nourri abondamment de la quète. Il doit partager, la connaissance mais aussi l'initiation, le chemin. Pour cela, Berthe, tu es là aujourd'hui. Mais ce n'est qu'une étape, Berthe, d'autres marches sont à monter, d'autres chemins à défricher.

   


Depuis ces temps où tu vivais dans les sables, Berthe, depuis ces temps, l'homme n'avait pas changé. Il était toujours en-deçà de sa véritable condition, comme en attente. C'est toi qui portait cette humanité nouvelle et il fallait que l'archéologue te trouve, guidé par les jalons de l'amour en itinéraire, guidé par les tablettes de l'à-venir. Ces tablettes, tu les avais écrites uniquement portée par la foi. Cette foi païenne qui  peut imaginer l'homme nouveau, l'homme libéré. L'essentiel fut la Confiance, que tu accordas de fait à l'archéologue, celui qui un jour viendrait, guidé par tes mots, te trouver.

Un homme qui ne te connait pas, Berthe, un homme que tu ne connais pas, a écrit:
" C'est toujours l'amour en nous qui est blessé, c'est toujours de l'amour que nous souffrons même quand nous croyons ne souffrir de rien".
Christian Bobin, L'inespérée. Gallimard.
Dans ce même livre, Berthe, cet homme a écrit:
"Celà fait bien longtemps que je ne sors plus sans toi. Je t'emporte dans la plus simple cachette qui soit: je te cache dans ma joie comme une lettre en plein soleil".

Il ne m'en voudra pas, Berthe, il ne m'en voudra pas de le citer pour toi. L'amour ne connait pas les droits d'auteurs, Berthe. L'amour est au-delà de notre condition, au-delà aussi des mots, dans la simple pureté de l'Ange.
Mon ange.


Tag(s) : #Le blog deBerthe

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