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J’ai eu si mal
que ma peau s’est durcie comme au blizzard l’écorce gèle

Si mal que mon coeur s’est fendu
sous la hache et les coups
Si mal que ma tête a saigné
en moi tout au long des nuits blanches
que les mots lacéraient

J’ai eu si mal que la vie était dure
à porter
mes épaules sont frêles et mes jambes abîmées
mes mains ne savaient plus
où se tendre où se poser
où s’arimer

J’ai eu si mal
que le beau ciel d’octobre ne me parlait plus jamais
ne chantait plus l’oiseau
ne tissait plus l’écheveau multicolore
de mon rêve
bafoué

Si mal en moi que le corps devenait bagne
et je voulais le fuir
partir
oui partir très loin bien plus loin que les nuages
bien plus loin que le vent
bien plus loin de Toi.
Si mal que j’ai bien cru
ne plus jamais aimer ne plus vouloir ne plus sourire
ne plus m’abandonner au chant doux du soir
au souffle frais du matin
à la transparence à peine posée du premier givre
Si mal que la pensée même tournait et retournait sans fin
mon esprit déchiré

J’ai eu si mal que j’ai cru la mort
la belle dame en tenue
effleurant quelques vers que le poète essaime
au vent  des feuilles
de sa vie


© Michel BERTHELOT 2009


Tag(s) : #Nouveaux papiers

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