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Le vieux clavier. Sentir les mots anciens. Sous la mémoire des doigts. Aimer le temps qui s'enfuit.

Autrement.

Enfin. S'affranchir des touches. Vieillies. Hésitantes et inopérantes. Parfois. Mais tu me réponds encore. Sous mon envie d'écrire tu tends le dos. Et j'aime à sentir ta souplesse. Encore si vive. Et la douceur de ta frappe.

 

Le jardin d'été. Brûlé déjà. Il m'en souvient la neige. La nuit précoce. Le silence des soirs d'hiver.

A la perte du regard la crête d'un bois. Une ligne ondulante et verte. Les nuages immobiles d'un crépuscule. J'aime écrire ainsi. Très loin des échos de la ville.

 

La ville pleut sa solitude des âmes. Les toitures en berne du ciel. L'isolation chronique des abandons.

Le chant sourd d'un diesel se mêle à l'errance inspirée d'un chat en vadrouille amoureuse. Le regard posé du chat n'a pas d'égal. Les chats sont comme les fantasmes de notre liberté.

 

J'ai envie de t'écrire que les mots se plient sous ce ciel si bas d'avant l'été, j'ai envie de t'écrire l'errance imprévisible des phrases imprévues, vagues de l'âme en partance. J'ai envie de t'écrire l'attente si soumise de toi. 

L'ennui simple des jours.

Mes doigts jouent sur le clavier comme si je sentais le piano résonner sous la chaleur de la lampe. Une légère pédale pour laisser l'accord final s'accorder au silence... perdendosi...  

 

J'ai envie de t'écrire mon envie d'elle. Mon envie de la sentir qui frémit. Qui se laisse tendre au désir inattendu. Envie de t'écrire l'étonnante prestance de ses seins, joliment tendus à la semaine annoncée. Envie de t'écrire l'envie de la prendre sans surprise, juste jouer l'innocence, à peine esquisser l'étonnement de la chose attendue. Et te dire son sourire, uniquement tendre et qui s'affiche à la muraille. Envie de t'écrire mon ange, laisser mes mots se glisser au long des longs rails soudés. Afin que nul éclisse n'y porte atteinte.

Aimer que tu l'aimes, ainsi nue. Aimer que tu la sentes odorante et chatte, féline. Et si tendre. Que son regard touche mon coeur. Que sa ligne cueille mes mots abandonnés au long silence des lentes nuits. Que ses lèvres posent un doux repos à l'âme. Que ses mains inventent le ciel. Tout simplement. C'est ainsi.

C'est ainsi simplement. La rampe conduit au col. Les trains lourds s'essuient les roues. La gare tarde à se fondre dans l'oubli de la pente. La pensée rôde encore, dans quelques vieux couloirs transits d'ennui. Et s'égare, avide et déjà séductrice. Quelques voyageurs abandonnent ainsi eux aussi, à l'écho, tant de sinistres fins. Les forêts noires des résineux s'approprient peu à peu l'espace. Quelque rapace en maraude flirte avec les volutes qui s'éclaircissent tandis que tu perçois la lente accélération du train. Tu pressens la délivrance. Si proche maintenant. Qu'elle te pénètre et te possède. Elle emplit ta vie de voyageur. Elle épanche à tes lèvres trop brûlées ta mémoire séchée.

 

 

C'est ainsi que vient la lumière. Imprévue et svelte. Comme en innocence. Quand la nuit s'échappe. Quand la montée vers le col s'affranchit des vallées en brumes. Quand la Mikado, enfin, trouve sa juste force, jetant au ciel son espérance à longs traits de sifflet, arrachant son convoi au passé.

 

 

Lavé des Dieux. Tant Inutiles. Si Loin du si triste enclos de la Gare. Porté(e) en Libération. Ré bémol Majeur. Comme en venue. Naissance. 

Le sourire tranquille.

Être. 

 

Tag(s) : #Notre écriture

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