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Un long silence. Il s'installe ainsi. L'un après l'autre les silences se fondent. L'un dans l'autre. Comme nous deux, sans doute. Nous avons toujours été en silences de nous deux. Et puis des autres aussi. Nous apprendre. Nous chercher sans fin, finalement.

Nous trouver probablement un jour.

En gare. A quai. Le voyage est notre idée du Bonheur. Ou du moins y contribue t-il. Nous le savons.

Quelques jours partagés. En ville. La ville que nous aimons tant. Une ville qui tient le bonheur à bout de folie. Une ville qui nous ressemble tant. Une ville qui nous donne ses nuits. Ses nuits d'abandons. Ses nuits qui te vont si bien. 

Mon amour.

Déjà tu pars. Ou peut-être, enfin. Mais, tu pars. Tu vas cueillir le printemps plus loin. Au coeur des vallées profondes. Quand la neige laisse la terre enfanter. Je reste. Cette fois. C'est moi.

Nous avons besoin sans cesse de nos errances. Solitaires. Communes et multiples, parfois. Nous perdre pour se retrouver, en quai d'une gare au petit matin. Cinq heures et quelques minutes, ou peut-être même six heures. La barbe qui a poussé un peu, durant la nuit ferroviaire. Et puis ton visage un peu terne. Un peu gris sans doute. Mais c'est le brouillard. Il faut le brouillard pour faire le gris du quai. Il faut le brouillard pour imaginer la vie. Tu sais, vers cinq heures du soir en hiver, presque nuit mais le brouillard... derrière sa transparence hypocrite on devine les vies du soir, dans les maisons que les routes si rurales nous jettent aux phares, comme surgies fantomatiques, telles quelques cris tragiques et si vite évanouis, dans la nuit qui se pose.

Le brouillard. Je sais que tu l'aimes tant aussi, que tu t'y perds.

Mais où es-tu? Je me prends à te regretter. Nos errances récurrentes me pèsent quelquefois. J'en viens à imaginer une vie tranquille et simple, qui nous ennuierait tant et tant. Je vois la pluie qui te gifle. Tu as mal. Ta peau souffre et te brûle. Un peu. Oui, juste seulement un peu. Pour la romance, enfin, pour notre histoire.

Notre écriture.

 

Il est si tard. Je vais me coucher. Sans sommeil. Il serait simple de rester ainsi. Le clavier sur les genoux. Sentir la nuit. Toutes les âmes qui passent et s'entretiennent. Et m'entretiennent. De toi, justement. Mais pas seulement. Les âmes mortes ont tant à dire et discourir. Un doux cliquetis. De coeurs fanés. Le mien se soulève. Et puis s'endort, paisible. Il te sait sereine. 

 

Je t'attendrai comme convenu, vers 6 heures. Tu descendras de ta voiture de 1ère classe, juste avec ton petit sac et puis tes seins, tendus à mon jour d'amour. Finalement.

Toi, ma déesse... viens encore, si près dans cette ville absoute. Viens me toucher, me parler, me prendre. Ma nuit est tienne. Mes mots sont tes mots. Sentir les mots de l'un dans l'autre. Tu sais bien. Sentir le souffle. Le train de nuit. Voilà bien qui nous ressemble. Nous. Juste la petite lumière de la veilleuse. Pour ne pas. Pour ne pas mourir de la nuit. Justement, mon amour.

Justement.

Mais qu'est-elle au juste?

Chants du Sud... Chaleurs et puis les nuits d'Eté.. Les places habitées des fantômes de la Ville. Les places désertées du Soleil, enfin offertes à la volupté acerbe des heures noires. Au loin la gare. Tu sais, la voix que j'entends de la chambre et qui me rassure un peu, encore, quelque-part. Pour un petit temps de la vie, seulement.

Tag(s) : #Notre écriture

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